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 Le Blaireau travesti & la Vipère • LYLE

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Druella I. Rosier

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MessageSujet: Le Blaireau travesti & la Vipère • LYLE   Mer 15 Juil - 19:34



Poudlard était absolument splendide dans les derniers jours de l’été, au début du mois de Septembre. Il y avait des couleurs presque magique partout dans le parc, à tel point que l’intérieur du château était déserté. De beaux verts côtoyaient des nuances déjà plus automnales, placées avec parcimonies dans divers arbres ou buissons. Il fallait reconnaître que ça ne manquait pas de charme, sans compter qu’il faisait plutôt doux, dehors. Il y avait un grand soleil, mais un vent suffisant pour qu’on ne ressente pas avec inconfort la caresse brûlante de l’astre diurne. En somme, c’était plutôt une bonne journée, de celles sereines qu’on passe avec ses amis à flâner sur les rives du lac, à jouer à se pousser dans l’eau, et tout le tintouin.

Bref, tout ça, quoi. Mais alors, si c’était tellement idéal, pourquoi est-ce que Druella Rosier n’était pas occupée, comme la majorité des autres étudiants, à faire la folle dehors ? De deux choses l’une : déjà, la brune avait quelques soucis avec le soleil qui la brûlait plus qu’il ne la caressait et lui procurait un franc inconfort, peu importe qu’il fasse doux ou non. Elle préférait de loin les journées éclairées mais au ciel blanc, opaque, des jours d’hiver. Ensuite, elle venait tout juste de retrouver ses camarades de Serpentard et désirait passer du temps avec eux. Et il faut savoir que ce n’était pas vraiment le truc des vert et argent, que de courir partout sur l’herbe pied nu en hurlant de rire pour un rien. Alors les filles et fils de mangemort, les super méchants en puissance, les glaçons ambulants avaient été se réfugier dans l’amphithéâtre, placé à l’extérieur du château, sans doute pour travailler à quelque complot maléfique et inhumain. Enfin, ça c’était ce qu’avaient l’air de penser les deux pelés trois tondus qui étaient installés, eux aussi, dans l’amphi. Tous des septièmes années, à croire que les professeurs s’étaient passés le mot : les faire travailler pour leurs ASPICs dès la rentrée, à plus pouvoir.

Mais en fait, cette petite réunion n’avait rien à voir avec tout cela. Ils s’étaient réunis pour travailler, comme les autres élèves ou, du moins, était-ce la raison officielle. Car, officieusement, il sétaient là pour bavarder, peut-être un peu plus cyniquement que les autres, mais tout de même naturellement, simplement à l’abri dans l’amphithéâtre, faisant parfois mine de travailler avant que la concentration ne se dissipe. Les vipères dont faisait partie Iris s’échangeaient des souvenirs de vacances sur un ton hautain, presque un air de compétition, il est vrai, et parlaient ensemble du futur qui se précisaient devant eux pour cette dernière année. Qu’allaient-ils faire ? Ils discutaient surtout de leurs futurs boulots, assurément dans le ministère, sans l’ombre d’un doute influents et prestigieux, laissant de côté la question sur le camp dans cette guerre qui se jouait à l’extérieur du château. C’était tellement évident, de ce point de vue là ! Du moins pour la plupart, même si pour certains on n’était pas tout à fait sûr …


Cinq minutes. Et trente-sept secondes. C’était précisément le temps depuis lequel le groupe de Serpentard de dernière année avait commencé à discuter de l’avenir, devant plusieurs tables regroupées ensemble pour former un carré où ils s’étaient assis et avaient éparpillé leurs affaires. Et c’était aussi le même laps de temps depuis lequel Druella avait fait mine de reprendre devant elle son premier devoir de potion de l’année, se concentrant sur un parchemin de brouillon presque vierge et un manuel dont elle ne savait même pas s’il était ouvert à la bonne page, tandis qu’elle frottait son menton avec le duvet soyeux de sa plume blanche en réfléchissant. Elle sentait l’acide des quelques coups d’œil qui dérivaient vers elle dans la conversation. Et l’attitude de la jeune fille n’aidait pas à atténuer ces regards auxquels elle faisait semblant de ne pas avoir conscience. Pourtant il n’y avait pas réellement de raison que ce petit manège ce produise : Druella n’était pas spécialement contre la cause des Mangemort, ayant tout le temps baigné dedans. Elle n’avait même pas d’affinité particulière pour la cause de la lumière. Si ce n’est, que, différemment de ses compagnons, elle se forçait à ne pas y penser, faisant l’aveugle et la sourde sur le sujet de la guerre et ce qui, forcément, faisait partir les rumeurs sur son dos.

Heureusement, Ella avait une bonne âme pour elle, qui se concentrait aussi sur le devoir de potions et y travaillait maintenant avec elle, faisant paraître son attitude moins étrange, plus ordinaire. Elle travaillait, pas de quoi fouetter un Gryffondor. Sauf que la demoiselle se sentait tout de même gênée par la conversation. Elle prit donc sur ses genoux, remontés devant sa poitrine pour faire un pupitre où elle pourrait le déposer, son manuel et alla consulter l’index, à la recherche d’informations sur les potions de chance, d’instinct … ce genre de choses, quoi, afin de l’aider dans son devoir sur la felix felicis.

Elle était vraiment concentrée à la tâche quand sa voisine, qui prenait avec tant de zèle la tâche de s’occuper du devoir, lui secoua le poignet délicatement, et l’apostropha.

    « Regarde un peu ça, Dru. Le Blaireau travestit en petite couleuvre est là. Il te suit, ou quoi, ma parole ? »

Dit-elle avec un mouvement du menton pour désigner le haut des gradins où se trouvait ledit travestit. Ce qui eut pour effet, premièrement, de faire cesser la discussion pompeuse des autres Serpentard sur les différents départements du ministère qu’ils dirigeraient, pour qu’ils se tournent vers Druella afin de juger de sa réaction qui, de son côté, avait promptement tournée la tête dans la direction indiquée afin d’observer l’arrivée de Lyle Brooks. Son ami. Derechef, elle rassembla donc ses affaires, manuel, parchemins, plume et encre, qu’elle fourra dans sa besace, trop heureuse de trouver une échappatoire à cette fin d’après-midi … assez lourde, en ce qui la concernait.

    « Ah oui. Je lui avais demandé de me retrouver ici. Vous savez, les vacances, on ne s’est pas trop vu et je pense qu’il a des anecdotes à me raconter. » Vilain mensonge que celui-là et qui provoqua quelques regards dubitatifs parmi ses amis. « Donc vous ne m’en voudrez pas, n’est-ce pas ? On se retrouve à la salle commune, de toute façon. »

Un ricanement monta du groupe, tandis que les autres regardaient simplement la brune, sans expression, parfois en hochant vaguement la tête. Ils savaient que de toute façon, ça aurait été néfaste de l’obliger à rester : on ne retenait pas Druella en lui imposant des contraintes, mais en lui donnant envie de rester. Elle avait rassemblée toute ses affaires, jeté son sac sur son épaule, se redressait déjà en faisant un signe de main à ses camarade quand une poigne sévère lui attrapa la main et la tira vers l’avant, tout proche du visage d’un garçon qu’elle connaissait bien, à une distance si infime que seule elle pouvait entendre ce qu’il lui disait.

    « Ne fais pas l’idiote, Rosier. Cet imbécile n’est pas qui tu crois, il n’en vaut pas la peine. On m’a parlé de lui et je t’assure : il te ment. Coupe les ponts avec ce naze. »

Son haleine se répercuta sur les joues de la jeune fille qui ne dit rien. Que répondre à cela ? Qu’elle avait remarqué ? Il essayait de se donner des airs, un peu semblable à ceux du garçon qui venait de lui parler. Mais il n’avait jamais été pareil. Ella avait bien remarqué la différence, avait conscience que le garçon n’était pas un Serpentard. Juste un Blaireau. Elle se dégagea doucement de la poigne de son ami et partit, sans rien ajouter. La situation était déjà assez étrange. Ils, ses amis, n’aimaient pas cette amitié qu’elle avait avec un petit Pouffy.

La vert et argent monta les escaliers, entre deux arcs de gradins, deux par deux à toute vitesse et arriva près de l’entrée, à hauteur du Poufsouffle qu’elle salua d’un sourire, légèrement essoufflée, avant de poursuivre sur sa lancée et de s’asseoir sur les plus hauts gradins et de déposer son sac à côté d’elle. Elle se tourna vers le jeune homme.

    « Tu viens t’asseoir près de moi ? Ca fait deux mois qu’on s’est pas vu, ça vaut bien une petite discussion, non ? »

Et, même si elle désirait réellement parler avec Lyle, une partie d’elle essayait aussi de donner du crédit à l’excuse qu’elle avait servie à ses amis. Ne s’invente pas Serpentard qui veut, n’est-ce pas, Brooks ?



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Lyle K. Brooks

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MessageSujet: Re: Le Blaireau travesti & la Vipère • LYLE   Jeu 16 Juil - 15:31




(c) spiegel_kind @ LJ



    Il y en a qui aime parce que l'autre les complète, d'autres qui aime parce que l'autre est exactement le même. Il y en a qui cherche avant tout quelqu'un qui a du fric, d'autres qui cherchent quelqu'un qui saura les faire rire. Il y en a qui efface tous les défauts de l'autre par amour, et d'autres qui aiment ces défauts plus que tout. Il y en aurait même qui aimerait pour le cœur, et d'autres pour le corps. De même, certains pensent aimer, d'autres ne savent plus trop ce qui se passent. Lyle faisait partie de cette dernière catégorie. C'était quoi, après tout, cette fille dont il était à la botte simplement parce qu'il la trouvait belle ? Pardon, non, pas belle. Magnifique. Lumineuse. Angélique. Il irait même jusqu'à user du terme orgasmique s'il n'avait pas peur d'être prit pour un pervers. Ce qu'il n'était certainement pas. Son intérêt pour la Rosier était purement... Du domaine de la contemplation. Si tant est que cela fut un domaine. Mais bon. Il l'observait et l'admirait, et il n'y avait aucun mal à cela. Quant aux mauvaises langues et les idées qui trainaient dans Poudlard et qui finissaient par lui faire penser que, peut-être il pouvait avoir quelque sentiment que ce soit à l'égard de la vert et argent... Non. C'était faux, impensable, irréel. Ils étaient trop éloignés l'un de l'autre.

    Lyle n'avait trouvé qu'un moyen pour se rapprocher d'elle sans avoir l'air ni d'un idiot ni d'un obsédé sexuel, et surtout pour ne pas se faire remballer comme tel. Jouer un rôle. Ça, ça lui plaisait bien. Il avait déjà joué des tas de rôles pour séduire des gens. Le rôle du prince charmant. Le rôle du poète. Le rôle de l'aveugle — excellent, que Lyle conseille à tous. Mais Druella, pour l'approcher, c'était encore autre chose. Le jeune homme n'avait pas eu besoin d'une étude faite en profondeur, puisque justement, dans le fond, lui, il s'en moquait un peu, d'elle et de ses besoins. Seul son visage l'intéressait. Et ses cheveux aussi. Bref. Il lui avait suffit d'observer un peu le cercle d'amis de la belle pour se rendre compte qu'elle ne traînait qu'avec des filles et fils de riches, voire même de mangemorts pour certains d'entre eux. Des sorciers au sang-pur, des insolents, des serpentards. Ok. Lyle avait remis au placards son sourire colgate et ses idées farfelues et c'était présenté à elle comme n'importe quel camarade de sa maison. Un mec bien dur, bien froid, bien cynique. Bien tout comme il faut.

    Le problème étant que ce genre de type, Lyle n'en connaissait aucun. Enfin, si, c'était tous ces mecs qui le traitaient dans les couloirs, ça, il l'avait compris. Mais comment ces imbéciles agissaient dès lors qu'ils se retrouvaient face à pareil déesse ? Lyle n'avait pu qu'imagine, tâtonner dans son jeu d'acteur. A l'aveugle. Ça paraissait lui plaire, à Druella. Elle ne prenait pas ses jambes à son cou en hurlant dès qu'elle le voyait en tout cas. C'était déjà ça. Et puis, même, elle semblait plus ou moins l'apprécier... Il s'enhardit. Quelques fois, il ne faisait pas exprès, il redevenait Lyle. Passait la main sur la joue de la fille, la prenait dans ses bras, lui parlait d'une voix douce. Un jour ou l'autre, il se trahirait... Un jour. Ce grand dadais ne se rendait pas compte que son jeu était transparent. Aveuglé. Par elle.

    Il la suivait, parfois. Sans réfléchir. Il était tranquillement avec des amis quand, pouf. Elle passait devant lui et lui, comme un bon toutou à sa mémère, la suivait. Pas comme un espion, pas comme un fou. Je vous le dis, il n'y avait rien de bizarre entre ces deux-là. Mais apparemment, ils étaient les seuls à le comprendre. A moins qu'il ne fut le seul. A voir. Ses amis n'en pouvaient plus.

      « Lâches-la, merde. Elle n'en a rien à faire de toi. Elle te cuisine en attendant de pouvoir se servir de toi. Tu es aveugle à ce point-là ? Allez... Elle est pas de ton monde. »


    N'empêche que Lyle l'avait suivit, une fois de plus. Assis au tout dernier gradin dans l'amphithéâtre, il se contentait de l'observer, encore et encore. Manquait plus que le filet de bave sur son menton. Le poufsouffle ne comprenait pas bien ce qu'on pouvait lui reprocher. Si encore il était entré dans la salle en fanfare, des ballons en forme de cœur dans la main et chantant les plus beaux poèmes, s'il s'était jeté à ses pieds en la couvrant de baisers et lui offrant une bague de fiançailles immédiates au passage. Et encore. Mais merde, il respectait son intimité, là, non ? Non ? Bon. Au moins ne la gênait-il pas. Ce qui était évidemment sans compter sur les camarades de sa belle qui commencèrent à ricaner doucement sous cape, puis qui finirent carrément par lui lancer des insultes, des moqueries, allant jusqu'à interpeller Druella. Celle-ci ne laissa aucune place à Lyle pour interpréter ses sentiments face à son apparition ; rangeant ses affaires avec précipitation, son visage était caché par ses cheveux. Lyle ne sentait plus son cœur. Venait-elle à sa rencontre ? S'enfuyait-elle ? Quand elle fit un pas dans sa direction, le soulagement qu'il ressentit fut plus grand que jamais. Jusqu'à ce qu'un mec l'attrape et la tire vers lui. Le poufsouffle se leva d'un bond, prêt à agir s'il le fallait, mais elle se dégagea par elle-même et il se rassit avant qu'elle ne se retourne vers lui. Pas la peine qu'en plus de tout elle le croit prêt à user de violence pour elle.

    Enfin, délivrance des délivrances, elle monta jusqu'à son niveau, s'assit et... lui sourit. Ce sourire ! Il ne put s'empêcher d'y répondre par un sourire à peu près semblable quoique de trois ou quatre mètres plus large.

      « Tu viens t’asseoir près de moi ? Ça fait deux mois qu’on s’est pas vu, ça vaut bien une petite discussion, non ? »


    Sans réfléchir, il se précipita comme un chien fou jusqu'à être tout juste à côté d'elle, carrément tourner dans sa direction, ayant prit ses toutes petites mains dans les siennes, quand des ricanements se firent encore entendre. Il se rappela alors. Jouer son rôle. Okay. Concentration.

      « Bonjour, Rosier. Comment se sont passées tes vacances ? »


    Il avait parlé d'une voix froide. Mais cela n'empêchait que... C'était nul ! Nul, nul, nul ! Un éclair de panique passa dans ses yeux et il se promit alors de prendre des cours intensifs du parler de ces énergumènes qui ne montraient jamais leurs sentiments. Comment ils faisaient pour construire une conversation ?
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Druella I. Rosier

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MessageSujet: Re: Le Blaireau travesti & la Vipère • LYLE   Jeu 16 Juil - 21:34



Certaines situations sont, comme qui dirait, absolument cocasses, définitivement irrésistibles. C’était d’ailleurs souvent le cas quand Druella était avec Lyle : c’était indescriptiblement drôle. Adorable, d’une certaine façon. Nouveau, certainement, et frais. Cela faisait du bien à Druella. Au début, ça avait simplement été normal, pourtant. Car, effectivement, aux premières lueurs de leur amitié, la brune avait été dupe, avait bien marché dans le jeu de Brooks, croyant volontiers à son caractère purement Serpentard, typiquement froid et distant. Ca ne l’avait même pas choquée plus que cela qu’un Poufsouffle se comporte de la sorte. En quoi aurait-ce pu être étrange, d’ailleurs ? Elle-même n’était pas exactement ce qu’on s’attendait qu’elle soit : une parfaite Vipère.

Mais depuis le temps où ils se fréquentaient désormais, Rosier avait bien remarqué que Lyle était double. A la fois ce qu’il lui montrait le plus souvent, comme cet ami qu’elle venait de laisser derrière elle, et à la fois … Spontané, un peu enfantin, même. Et elle l’avait aperçu une ou deux fois occupé de la suivre. Au début, elle avait eu une bouffée d’angoisse : et si c’était une sorte de schizophrène sociopathe ? C’est d’ailleurs en évoquant cette possibilité qu’elle s’était mise à faire plus attention aux divergences comportementales de son ami Jaune. Elle avait alors constaté avec beaucoup plus d’évidence qu’autrefois qu’il avait envers elle des gestes tendres, des élans affectueux qu’elle ne s’expliquait pas et qui la mettaient un peu mal à l’aise. Elle ne comprenait pas tout à fait ces gestes.

D’ailleurs, sa peur avait grimpé suite à ce constat, dans un premier temps, du moins. Avant de simplement retomber, comme un soufflé trop vite sortit du four. Parce que Druella avait simplement écouté ses amis : oui, Lyle était différent, un peu menteur quand il se présentait à elle. Ils le lui avaient tous répété, puisqu’aucun d’eux n’aimaient le garçon qu’était Lyle. Et finalement la Vert & Argent avait accepté cette explication. Peut-être que ce garçon qu’elle côtoyait n’était pas tout à fait le Lyle qu’elle pensait. Mais elle ignorait toutefois dans quelle mesure cela pouvait ou non être vrai. Et c’était un mystère qui restait pour elle à la fois stressant et intéressant ; d’un côté parce qu’elle redoutait d’être déçue de la réelle personne que pouvait bien être Brooks, d’un autre côté parce qu’elle ressentait une étrange forme d’excitation à l’idée de découvrir cet autre lui : la manière dont elle devrait s’y prendre pour l’aider à se dévoiler doucement, ce qu’elle allait en découvrir de différent comparé à son cercle habituel d’amis.

Néanmoins, il y avait une chose dont elle était certaine désormais, mais dont elle avait douté au début de sa « révélation » : Lyle ne lui voulait aucun mal et, mieux encore, il était prêt à être gentil avec elle peu importe qui elle aurait été, dans le fond. Il suffisait, pour que Druella s’en convainque, qu’elle lui offre un sourire, comme maintenant et de voir celui que lui était capable de lui rendre : brillant, sincère, presque émouvant et tendre. Elle était un peu gênée, d’ailleurs, qu’il lui sourit ainsi, mais ça ne lui déplaisait pas. Elle était à l’aise avec lui, même, grâce à ça. Car elle pouvait percevoir dans le moindre des gestes du Blaireau qu’elle était importante pour lui et ce n’était pas sans flatter son égo. Ego encore gonflé, si ce fut possible, par la manière dont il se précipitât vers elle, empressé, simplement heureux avant de cueillir ses mains et de les tenir, comme un cadeau, dans ses propres mains d’homme. Tout cela déclanchait, comme à chaque fois, des réactions variées chez Ella : à la fois fière et inutilement gargarisée, elle sentait qu’elle n’aurait aucun mal à se laisser aller aux délices d’être ainsi appréciée, presque adorée, dans un sens pieux et doux. Et, en même temps, ça la gênait. Est-ce qu’il se rendait compte d’à quel point il était … Tactile ? Même si Druella l’avait toujours été davantage que ses amis, elle n’avait jamais été habituée à tant de démonstrations pour autant.

    « Bonjour, Rosier. Comment se sont passées tes vacances ? »

Bien. Du calme. Il ne faut pas sourire. Du moins, c’était ce dont était occupée de se convaincre la brunette. Il était tellement … Changeant. Un coup il se comportait comme un ami de très, très longue date, presque comme un soupirant et la seconde d’après, il redevenait … Le blaireau travesti. C’était perturbant et drôle à la fois. D’ailleurs, malgré ses efforts, Druella ne put pas contenir un demi sourire de s’étendre sur son visage. Elle tenta pourtant de le retenir en se mordant l’intérieur d’une joue. Il était … étonnamment agréable, comme jeune homme.

Maintenant, la question demeurait. Comment l’amener à se dévoiler ? Surtout en entendant les ricanements de ses amis, plus bas. Ca n’allait pas être évident. Mais ça devait être jouable. Donc, sans s’en rendre compte, l’esprit calculateur de ladite Rosier se mit en route. Comment faire ? Par quoi commencer ? Elle analysait une foule de possibilités en quelques infimes secondes seulement. Oui, certes, elle appréciait Lyle. Mais sa fierté, le challenge de le découvrir étaient en jeu. Et, sans le voir, la demoiselle s’apprêtait à manipuler gentiment son compagnon.

D’ailleurs, elle se décida très vite sur la manière dont elle allait procéder, du moins pour commencer. Il fallait que ce soit subtil, naturel. Aussi souri-t-elle une nouvelle fois.

    « Si je te racontais ce que j’ai fait ces vacances, tu en serais jaloux, Lyle. », articula-t-elle dans un grand sourire qui baignait à la fois son visage et sa voix, celle-ci étant également rehaussée d’une petite touche de fierté mal placée. Enfant si privilégiée. « J’ai été passer un mois absolument superbe en Espagne, près de la côte. C’était fantastique. Et toi, qu’à tu fais ? »

Oh, oui. C’était vraiment trois fois rien. Une petite touche dans ses mots, qui ne différaient pas vraiment de son habitude. Elle venait simplement de troquer l’habituel ‘Brooks’ pour un ‘Lyle’ beaucoup plus familier et complice, que le jeune homme n’avait jamais pris comme liberté en sa présence. Est-ce qu’il le remarquerait seulement ? Ou devrait-elle attendre de répéter plusieurs fois le prénom du Poufsouffle avant d’obtenir une réaction à ce changement ? Ou bien s’en ficherait-il ? Toutes ces questions se bousculèrent dans l’esprit de la demoiselle. Merlin, ce qu’elle pouvait accorder comme importance à cette petite conversation anodine.

Pour ajouter du poids à ce changement, mais néanmoins timidement, Druella s’autorisa quelque chose d’absolument stupéfiant : pour la première fois depuis les mois où elle fréquentait Lyle, elle s’autorisa à lui retourner l’un de ses gestes d’affections alors que, d’ordinaire, elle restait simplement passive, à attendre qu’il se lasse, peut-être, de la frôler et profitant mine de rien de ses cajoleries innocentes. Mais, cette fois-ci, elle tourna discrètement l’une de ses mains dans l’étau de celles de son vis-à-vis, croisa brièvement leurs doigts dans une pression brève, un contact qui la brûlât avant de dégager ses mains, calmement, histoire de ne pas le vexer.



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MessageSujet: Re: Le Blaireau travesti & la Vipère • LYLE   Dim 19 Juil - 15:55


    Lyle ne savait plus sur quel pied danser avec Druella ; d'un côté il était sûr qu'elle ne le laisserait pas s'approcher d'elle s'il était lui-même, néanmoins elle souriait et ne le repoussait pas quand il se dévoilait un peu trop. De l'autre, elle accueillait sans plus de chaleur son rôle de grand cynique froid et intelligent, alors que la plupart des gars qui l'entouraient étaient de cette trempe. Et puis. Il n'aimait pas jouer ce rôle qu'il ne connaissait pas, essayer sans succès de ressembler à ceux qu'il évitait. Peut-être ses amis avaient-ils raison. Peut-être fallait-il arrêter ces bêtises. De toutes manières, il ne l'aimait pas, et elle non plus. Tout ce qu'il voulait, c'était la voir. Une photo d'elle et hop, l'affaire était réglée. Au pire il pourrait toujours continuer à la suivre. Au lieu de passer pour un gars bizarre, il passerait pour un psychopathe. Cette résolution tourbillonnait dans son esprit et un moment il fut tenté de lui donner forme, consistance, logique. Puis Druella sourit encore.

    Mon Dieu, ce sourire. Encore, encore ! hurlait toutes les cellules du corps de Lyle. Bon Dieu, oui, encore, encore de cet éblouissant soleil, de cette nuit de pleine lune et de ces rêves et de ces joies, de ces larmes et de cette mort. Dieu ! Encore et encore le jour de la Création, le Big Bang et l'invention de l'imprimerie ! S'il-vous-plaît, laissez-nous voir encore ce miracle, cette plume, cette légèreté dans l'air ! L'humanité, la chance et la peur du monstre qui se cache dans la penderie. De ce petit signe de vie que les plus grands n'auraient su peindre, de cette expression insaisissable, de ce monde unique, innocent, splendide et si proche, si lointain. La bonne résolution s'envola au loin. Adieux, adieux. Ne reviens plus jamais.

      « Si je te racontais ce que j’ai fait ces vacances, tu en serais jaloux, Lyle. »


    Oh, oui, je n'en doute pas. As-tu côtoyer des Dieux, des anges ? Des étoiles, des chef-d'œuvres ? Tu y était à ta place ma Belle, et je ne serais pas jaloux.

    Non. Non, bien sûr que non Lyle ne nota pas du tout que Druella l'appelait par son prénom. Après tout vu comme il la nommait couramment dans son esprit et l'habitude qu'il avait prit de lui, l'appeler par son prénom à elle à l'oral, franchement... Ça n'avait rien d'exceptionnel. Il lui vouait son corps et son âme chaque jour. Alors son prénom... L'adoration qu'il vouait à sa belle l'empêchait de s'attarder à des détails aussi anodins ; les mots ne comptaient plus. Ils n'étaient qu'accessoires pour l'atteindre.

    Par le plus improbable des miracles, Lyle comprit tout de même la véritable signification des dires de sa Beauté. Elle le provoquait, le mettait à l'épreuve. Ou un truc du genre, quoi. Attitude typique de Serpentard, d'après le peu d'informations dont il disposait à ce propos. Il arqua son sourcil droit dans une imitation de l'attitude « essaies-mais-n'escompte-pas-y-arriver ».

      « J’ai été passer un mois absolument superbe en Espagne, près de la côte. C’était fantastique. Et toi, qu’à tu fais ? »


    L'Espagne. La plage, le soleil. C'était les premières images qui lui venait à l'esprit quand il pensait à ce pays aux mille merveilles où, sûrement, jamais il ne mettrait les pieds. Ce n'était pas avec le salaire e misère que l'état versait à son père qu'il pourrait se payer pareil voyage. Voyage tout court, d'ailleurs. Lyle n'était jamais partie en vacances ; quelques week-end un peu partout en Angleterre et une fois en Écosse. Mais jamais plus loin et jamais plus longtemps.

      « Hmm. Un mois entier à essayer tant bien que mal de te "dorer la pilule" ? Désolée, ma chérie, mais je dois te dire que ça n'a servit à rien. » Oui, désolé, chérie. Tu es toujours aussi pâle, toujours aussi belle. « En ce qui me concerne je suis resté durant toutes la période des vacances chez nous. On n'a pas tous l'habitude de profiter des vacances pour s'amuser et perdre toute contenance. »


    Mensonges, mensonges. Il n'y avait plus de « chez nous », veine tentative pour lui faire croire à un riche manoir de sang-pur, mensonge sans le dire. « Chez nous » n'existe plus depuis que la maman de Lyle est morte, ce n'est plus que quelques pièces reliées les unes aux autres dans lesquelles erre un pauvre jeune vieux fantôme qui n'arrive pas à mourir pour rejoindre sa femme. Mensonge. Mensonge du jeune homme qui a passé tout son temps dehors pour ne pas avoir à croiser le regard vide de ce qu'il reste de son père. Mensonge de celui qui a très bien perdu le peu de contenance qu'il a en période scolaire. Lyle n'imitait plus le garçon dur. Il était dur. Ou plutôt, crispé, un voile comme s'étant étendu sur son visage. Il n'aimait pas parler de sa famille. Il ne fallait pas qu'elle le lance dessus. Il ne fallait pas qu'elle sache. Qu'il était un pauvre sang-mêlé qui vivait avec un homme à demi-mort d'amour, qu'il n'avait aucune richesse, qu'il préférait dormir à la belle étoile que dans son lit d'enfant, jamais remplacé par un plus grand. Que chez lui trônaient photographies de sa mère et dessins d'une période heureuse trop lointaine, et non tableaux de maîtres et diplômes prestigieux du monde de la magie.

    Les yeux dans le vide, il eut presque un sursaut en sentant les doigts de Druella bouger entre les siens. S'animer. Prendre vie... Se lier aux siens. Il ouvrit la bouche de stupéfaction admirative et baissa lentement les yeux vers un rêve. Perdu, complètement, dans un monde qui, hélas, ne pouvait qu'être imaginaire, mais qui était si beau, il le vit redevenir réalité quand elle se dégagea. Cette lenteur... Lyle prit une grande respiration, puis, enhardit, releva la tête, et... Prudemment, avec douceur, lenteur, respect, amour, et presque autant de folie, il leva la main droite en direction du visage de sa Beauté. Chut... chut. Longueur, langueur. Le temps qui coule et qui s'étire, qui s'étire... Le cœur qui bat de plus en plus fort. Oh, ta gueule, toi. Puis, enfin. La main qui atteint son visage. Ses doigts qui effleurent son front, sa temps, sa joue, sa mâchoire... Puis qui remonte en sens inverse. Et ses yeux qui suivent le mouvement, comme fasciné, ne cherchant même plus le contact de ceux de Druella. C'est finit, tout ça.

    Enfin, sa main retombe. Comme morte. Sur ses genoux. Il papillonne des yeux, gêné. Cherche un repère. S'accroche fermement à son genou.

      « Hum, sinon... Tu... Ton début d'année se passe bien ? »


    Et sa voix tremble. Évidemment.
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Druella I. Rosier

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MessageSujet: Re: Le Blaireau travesti & la Vipère • LYLE   Mar 21 Juil - 23:49



La dernière des Rosier, avec qui le nom s’éteindrait très prochainement, aurait sans doute rit de sa propre stupidité si elle en avait seulement eu conscience. Elle était incapable de la moindre subtilité, alors qu’elle le croyait si fort pourtant et, tout autant au moins, incapable de déceler celle des autres. Aussi remarqua-t-elle, bien évidemment, que sa petite touche ridicule de courageuse familiarité, presque intimité à vrai dire et qui lui avait semblé bien audacieuse, était passée comme « une lettre et son hibou » aux yeux de Lyle comme si cela n’avait rien d’extraordinaire pour lui alors que c’était tant de choses, pour elle. Mais, surtout, elle-même ne décela à aucun moment les mots doubles, les phrases sibyllines et les expressions recherchées de son vis-à-vis. En vérité, elle et lui, lui et elle, entretenaient un véritable dialogue de sourds où ils ne s’écoutaient à aucun moment, ne profitant que de la présence de l’autre, sans rechercher véritablement sa compagnie, toutefois. Présence de l’autre qui aurait pu être celle de n’importe qui, pourvu qu’il possédât les mêmes qualités irrésistibles qui les poussaient, le Blaireau Travesti et la Vipère, à demeurer ainsi ensemble, contre toute vraisemblance et envers les conseils judicieux de leurs amis respectifs.

Et le pire de toute ce tragique égoïsme qu’ils partageaient, c’était que Druella, de son côté, n’avait même pas conscience d’utiliser Lyle pour le sentiment d’importance et de stupide bonheur qu’il provoquait chez elle, sans qu’il n’y ait rien de tendre pour lui, émanant d’elle, en retour, si ce n’était l’adoration qu’elle éprouvait à l’égard de celle du Jaune et Noir. Une affection purement flattée, donc. Tout cela était si faux, si « plastique » que la brune en aurait sûrement fait une véritable crise si elle avait pu remarquer quelle hypocrite elle était en vérité, même face à la propre perception qu’elle avait d’elle-même. Car cela était très éloigné de ce qu’elle croyait connaître d’elle-même et de ce qu’elle était en vérité et même, dans le fond, y avait-il sûrement quelque chose d’authentique pour le jeune homme : mais comment l’isoler du reste puisqu’elle-même avait conscience de ne pas savoir qui était tout à fait Lyle Brooks, si ce n’était un adorable garçon ?

Un adorable garçon qui réchauffait ses mains avec les siennes, lui procurait un sentiment d’infinie supériorité, douce et langoureuse, pour lui servir le regard du « n’essaie-pas-m’impressionner » la seconde qui suivait. Une expression qui frustrait au plus haut point la demoiselle. Avait-il vraiment besoin de faire ça ? Alors qu’il venait de la rejoindre comme un amant rejoint sa belle et qu’elle n’avait pas même protesté ? Et là, pour la toute première fois, Druella remarqua que, peut-être, ce qu’elle voulait vraiment dans la présence de Lyle, ce n’était que cela, une pensée vile et futile : l’impressionner, susciter sa fascinante admiration, même si cela la gênait et la mettait parfois mal à l’aise, il aurait été malhonnête de prétendre qu’elle n’en retirait pas un plaisir certain, davantage qu’un certain plaisir.

    « Hmm. Un mois entier à essayer tant bien que mal de te "dorer la pilule" ? Désolée, ma chérie, mais je dois te dire que ça n'a servit à rien. »
    « Oh, mais je ne me fais aucune illusion. Je ne suis pas faite pour le soleil. », répondit-elle dans un rire léger ou toute trace de son réel sentiment de déception était absente : déception de ne pas appartenir à l’éclatante lumière de l’astre diurne.
    « En ce qui me concerne je suis resté durant toute la période des vacances chez nous. On n'a pas tous l'habitude de profiter des vacances pour s'amuser et perdre toute contenance. »

La langue de la chérie en question claqua contre son palais dans un geste conditionnée qui était un réflexe dû à l’agacement. Elle ne comprenait rien à l’attitude de Brooks qui la désarçonnait, la renvoyait sur le canapé en chintz de couleur émeraude de sa maison, aux conversations stériles sur l’honneur qu’aucune d’eux ne possédait et tout ce qui s’en suivait. Et elle se laissa à nouveau facilement bernée, comme au premier jour, par les mots troubles de son ami qui laissaient penser qu’il avait passé les vacances à s’occuper à des choses autrement plus sérieuses que de perfectionner un bronzage inexistant sur les chaudes côtes d’Europe du sud. Qu’il avait fait des affaires sérieuses sans, pourtant, rien affirmer de tel. Tout était tellement suggéré que Druella faisait sans doute un déshonneur complet à toute sa maison et à ses ancêtres en n’identifiant pas le discours vague de Lyle et en l’acceptant tel quel, tirant ses propres conclusions et se laissant donc volontiers bercée par des illusions confortables, satisfaisantes pour justifier l’amitié unique qu’elle entretenait avec lui.

Et à cela, la demoiselle ne trouva rien à redire, se sentant puérile à côté de lui – quelle ironie – et vaguement gênée pour une raison sur laquelle elle ne pouvait pas mettre de mots. Alors elle ne fit que vaguement hocher la tête, exprimant par là qu’elle voyait ce qu’il voulait dire alors que non, absolument pas. Elle ne voyait pas. Pas du tout même et en était même à cent lieux, mais ne se rendait pas compte d’à quel point Lyle était changeant. Bien sûr, cela, elle l’avait saisi, mais pas au degré approprié, n’en mesurant pas l’étendue réelle. Mais ce serait pour bientôt.

D’ailleurs Lyle l’aidait, la rapprochant dans chacun de ses gestes de la révélation d’à quel point le jeune homme était contradictoire en sa présence – tout comme elle avec lui. Elle en eut un aperçu foudroyant à l’instant où les lèvres de Lyle s’entrouvrirent après son geste timide d’approche, le contact de leur deux mains ensemble, très brièvement. Il venait d’être si détaché, presque pédant et, à l’instant elle voyait sa main se suspendre dans l’air entre eux, comme mue par une volonté propre, ce qui figea l’air dans les poumons de Druella. Ciel, mais que faisait-il, maintenant ? Son propre cœur se mit à taper plus fort que jamais dans sa cage thoracique. Elle en avait presque mal, tout en se délectant de ces violentes pulsations dans sa poitrine, comme d’un trésor inestimable. Elle était sûre que son palpitant essayait de battre contre sa prison pour lui faire parvenir un message codé, en morse ou que sais-je, moi ? Une information vitale qui transpirait dans cette chamade incohérente, qui manqua presque de la tuer quand les doigts brûlant de Lyle se déposèrent, légers comme un rayon de soleil, la caresse d’un vent timide en plein printemps, ou le regard discret d’un amoureux discret, sur sa peau. A moins que ce soit justement celle-ci qui était incandescente sous son délicat touché ? Quelle importance.

Les lèvres de Druella aussi s’entrouvrirent et laissèrent passer un petit souffle précipité, heurté. Sa respiration, à l’instar de son cœur, était perturbée par le geste d’une infinie douceur de Lyle. Et, d’une manière très confuse, tandis que ses doigts passèrent sur son visage, effleurant son front, sa tempe, sa joue et puis sa mâchoire légèrement proéminente avant de faire le chemin en sens inverse, Druella ressentit pour la première fois depuis un certain temps l’envie d’embrasser un garçon et, plus précisément, ce garçon. Mais elle n’en fit rien, par pudeur et aussi parce qu’elle était figée, éblouie par la chaleur qui irradiait du touché aérien de son ami et des sensations prodigieuses que cela provoquait en elle. Elle ne l’aimait pas, ne le trouvait pas excessivement beau non plus – simplement beau et d’une certaine manière attendrissant, mais sans plus. Pourtant elle aurait, plus que tout, désiré en ce moment qu’il prolonge ce contact avec elle.

Il n’en fit rien et quand son empreinte brûlante quitta la peau d’Ella, elle rouvrit ses paupières, qu’elle n’avait pas constaté avoir fermées et haleta un petit coup avant de refermer la bouche, comme prise sur le fait en train de commettre une faute impardonnable.

    « Hum, sinon... Tu... Ton début d'année se passe bien ? »

Que … Quoi ? Et, d’ailleurs, tout ce qu’elle trouva à répondre, éloquent, fut :

    « Pardon ? »

Mais de quoi, diable, pouvait-il bien par … ah, oui. L’école, les cours. Les amis. Les amours. Tout ça. L’année scolaire, en somme. Et tandis qu’elle en arrivait à cette conclusion, au ralenti, émergeant toujours de cette caresse si particulière, le groupe de Serpentard qui l’avait accompagnée ici passa dans les escaliers, à proximité d’elle et de Lyle et son ami, qui l’avait précédemment mise en garde la regarda, fusilla du regard le Blaireau travesti et ne s’adressa finalement qu’à Druella.

    « Nous retournons à la sale commune déposer nos affaires. Nous irons ensuite manger. Je suppose que tu viens avec nous, Rosier. »

Il ne fallut pas plus d’une seconde à Druella pour répondre, absolument sûre d’elle. D’habitude, elle se serait relevée, aurait prit son sac, sourit à Lyle et se serait enfuie avec les autres, se doutant bien qu’elle le reverrait plus tard. Mais, désormais, plus tard n’y suffirait plus. C’était maintenant qu’il fallait qu’elle demeure avec lui. Il était tellement … étrange, spectaculaire, innovant. Ce n’était pas le Lyle bipolaire qu’elle connaissait, mais un Lyle de plus en plus comme elle l’avait à peine imaginé : adorable et adorateur. Et elle voulait percer le mystère. Aussi agita-t-elle une main vague devant ses yeux tout en répondant à son camarade.

    « Non, pas tout de suite. Nous sommes occupés de discuter et ton intervention est très malpolie. Je vous rejoindrai plus tard, sans doute après le repas ou pendant. Ne m’attendez pas. »

Le groupe s’arrêta dans son élan. Ils avaient tous été persuadés qu’elle les suivrait : elle avait déjà planté Brooks de manière similaire, par le passé, juste parce qu’ils le lui avaient demandé. C’était donc quelque chose de totalement nouveau, de beaucoup plus percutant que simplement le fait d’appeler le garçon par son prénom. Ils quittèrent les lieux, certains riant, d’autre observant Lyle et Druella jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus les voir.

De son côté, la jeune Rosier était parfaitement calme. Tout était clair, désormais. C’était maintenant qu’elle devait apprendre qui était Lyle K. Brooks. Et alors que l’amphithéâtre était presque vide, excepté quelques acharnés de travail, et qu’on entendait au dehors les rires tonitruants des élèves, Druella se pencha en avant, pour rapprocher son visage de celui de Lyle et murmurer, proche de lui, quelques mots qui s’imposaient à elle.

Elle menait la danse, clairement, et profitait des faiblesses qu’elle avait inconsciemment repérées chez son ami, en balançant, par exemple, délicatement ses cheveux en arrière, libérant leur parfum fleurit de fraisai et de lys. Et elle avait absolument conscience de n’avoir qu’une chance, une seule et unique pour fracasser, d’une manière absolument brutale, tout le personnage du Jaune et Noir et le révéler au grand jour.

    « Tu sais comment ils t’appellent, Lyle ? Le Blaireau travesti. Je leur ai dit d’arrêter, mais ils continuent de te traiter de menteur. C’est pour ça que je les ai fait partir. C’est horrible de dire ça. »

Elle avait parfaitement conscience de chacun de ses mots, de leur vérité mais aussi de l’impact qu’ils pourraient avoir sur une personne normale. Si menteur il était bel et bien, elle ne tarderait sûrement pas à le deviner, à sa réaction. Elle imprima à sa bouche un pli blessé, comme si la simple idée qu’il ait pu lui mentir délibérément … Et frissonna d’une manière presque indescriptible.


_________________
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[/list:u][list]princessbloomy @ LJ
Cauze I got no reason
to apologize, That's my
generation. I don't need
to say I'm sorry. It's not
so complicated. So listen
up, That's my generation.

The who - my generation
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